LE PARTAGE DU POUVOIR
L'homme possède des facultés qui lui sont uniques et une façon bien àlui d'envisager la vie et le couple ; la femme possède des facultés qui lui sont uniques et une façon bien à elle d'envisager la vie et le couple. La femme peut remplir des fonctions (grossesse, enfantement et allaitement, séduction, préoccupations relationnelles, réceptivité, capacité de relation symbiotique) que l'homme ne peut remplir, ni même comprendre.
L'homme possède des capacités (force physique, créativité matérielle, esprit de compétition, intrusivité, instinct de chasseur, besoin d'indépendance) que la femme ne peut égaler ni même comprendre. On ne peut demander à
l'homme de remplir les fonctions féminines et vice-versa, tout comme on ne peut demander à la nuit de remplir les fonctions du jour et vice- versa. On ne peut demander aux deux que de se compléter pour former un tout. La femme ne peut demander à l'homme de vibrer en symbiose avec elle comme elle peut le faire avec son fœtus ; l'homme ne peut s'attendre à ce que la femme "embarque" dans ses
activités comme il peut le vivre avec ses amis ou ses associés. Ces deux attentes sont des illusions parmi tant d'autres. Dans le partage du pouvoir, l'un et l'autre, après avoir pris connaissance des particularités individuelles de cet homme et de cette femme, acceptent d'utiliser ces particularités, différentes et parfois contradictoires, pour former leur couple. L'un et l'autre ne cherchent plus à transformer l'autre pour répondre à ses attentes propres
L'ENGAGEMENT
L'un des principaux indices démontrant que le couple a partagé le pouvoir, et qu'il est prêt à entrer dans la quatrième phase de son évolution, est qu'il lui est redevenu maintenant plus facile de dire "Je t'aime". Durant la lutte pour le pouvoir, "Je t'aime était souvent étouffé par "Je te déteste . Durant cette phase, dire "Je t'aime" équivalait à donner plus de pouvoir à l'autre. Le "Je t'aime" de la troisième phase n'a plus du tout la même signification que le "Je te mangerais" de la passion fusionnelle. Il signifie plutôt "Je m'engage.""Je connais maintenant tes défauts et tes qualités, tes forces et tes faiblesses, et je les accepte, même si des fois...""Tu n'es plus la belle princesse charmante à laquelle j'avais rêvé, tu n'es plus le prince charmant et fort de mes rêveries, ton corps a même subi l'épreuve du temps, mais je suis si bien avec toi." "Je connais un peu mieux tes besoins et tes attentes face à Nous et je m'engage à tout faire pour les satisfaire ; nous savons très bien que je n'y parviendrai pas, mais je sais que tu vas apprécier mes efforts." "Je ne veux plus te changer, je t'accepte tel(le) que tu es." "Tu n'es pas le(la) partenaire idéal(e), j'aurais pu vivre avec quelqu'un d'autre, mais je suis content(e) du chemin que nous avons parcouru et je veux continuer de vieillir avec ce Nous." Le "Je t'aime" de la quatrième phase signifie en fait "Je Nous aime". Les deux amants sont devenus de réels complices. C'est à cette étape-ci que l'on devrait contracter mariage et non au moment de la passion aveuglante.
OUVERTURE SUR AUTRUIT
Il est facile, au restaurant par exemple, de différencier les vieux couples qui s'aiment de ceux qui se sont fait la guerre et qui ne parviennent plus à communiquer. Les couples heureux se touchent, se regardent, se parlent ; leurs yeux sont pétillants ; ils sont animés. Ilsrespirent l'harmonie et la paix et deviennent, pour nous, des exemples que la vie à deux est possible. C'est ce que j'appelle l'ouverture sur autrui, la dernière étape de l'évolution du couple. D'ailleurs, ces couples, souvent à la retraite, s'impliquent socialement, font du travail bénévole ou sont tout simplement toujours prêts à partager leur bonheur avec leurs enfants, leurs petits-enfants, leur entourage immédiat et lointain. Ils font preuve d'une très grande réceptivité, ayant été, malgré les épreuves inévitables de la vie, comblés par celle-ci. Ils deviennent des modèles à imiter et sont souvent des modèles enviés. À l'inverse, il est facile aussi d'identifier, toujours au restaurant, les couples qui en sont encore à l'étape de la passion ou ceux qui n'ont jamais surmonté la lutte pour le pouvoir. Ces derniers échangent à peine quelques propos; l'homme lit
souvent un journal ou jette des regards tout autour ; la femme, tête baissée, regarde son mari par en-dessous, espérant qu'il s'intéresse à elle et lui en voulant de ne pas le faire. La tension entre les deux est évidente; tout
comme pour les jeunes couples, la passion est évidente parce que rien n'existe autour d'eux. |